Vero

MAIRE CHRISTIAN LECA



Un brin d'historie


Les éleveurs du néolithique occupèrent les rives de la vallée de la Gravona ( le menhir retrouvé à Tavera date de l'âge du bronze, 2000 avant J.-C.). Des foyers ont été identifiés dans les collines surplombant la vallée. A Vero, des abris souterrains ont pu abriter des groupes. Des alignements d'impressionnants murs de pierre de taille sont visibles ici ou là. Des recherches plus avancées pourraient nous éclairer..

Au Moyen Âge, l'économie de la Corse était essentiellement agro-pastorale (porcs, ovins, caprins..) et communautaire (terres communales).

Les ruines de l'église Saint Jean du Celavo datant de l'époque de la Corse Pisane (XIe-XIIe siècle) et retrouvées sur la commune de Vero, à 300 m de la route nationale, témoignent d'un lieu de culte relativement important. Les chroniques de l'Évêché indiquent que le toit de l'église ayant été détruit par une tempête (~ XVIe siècle), les reliques et le culte furent transportés au village de Vero. Une ancienne maison de Vero (Paese) porte mention de dates de cette époque: l'extension du noyau villageois pourrait remonter à ce temps là.

Au XIXe siècle, les activités agricoles -culture de la farine de blé, de châtaigne, élevages- étaient assez importantes pour occuper 3 moulins à grains (fonctionnant été comme hiver sur la Gravona) et 6 autres moulins installés sur nos torrents qui ne fonctionnaient que l'hiver. Le village comptait également 3 moulins à huile au système traditionnel, à traction animale, qui existent encore. Ici et là des plantations de lin pour fabriquer des toiles grossières.

La ligne de chemin de fer, visible du village, (sur les communes d'Ucciani et Carbuccia) apporte peu à la commune car la gare la plus proche d'Ucciani est à 8 km. Au début du XXe siècle, de petites activités forestières fonctionnaient : carbonisation du charbon de bois, coupe de billots, fabrique d'ébauchons de pipes.

Durant la première guerre mondiale, le village subit une saignée de sa population - voir le monument aux morts- 30 victimes des combats, de 1914 a 1918, et de nombreux blessés et mutilés de guerre.

Durant le second conflit mondial, la Corse (le village) connut - outre le vide laissé par les prisonniers de guerre - des restrictions alimentaires (de 1940 à 1942) puis de lourdes ponctions par les troupes d'occupation (de novembre 1942 à octobre 1943, la Corse fut occupée par
80 000 soldats Italiens et 10 000 Allemands). Puis d'octobre 1943 à 1945, les pénuries non moins dramatiques dues à la fin de la guerre, à l'isolement de l'île (la Provence n'est libérée qu'en été 1944...) - le seul ravitaillement parvenant avec difficulté d'Algérie (les ports corses, bombardés, sont en partie inutilisables).


Pierre Griffi

Le radio Pierre GRIFFI (membre de mission Pearl Harbour, débarqué en Corse en novembre 1942) séjourna dans la clandestinité à Vero, de février à avril 1943. Hébergé par François MARIANI, c'est la grand mère qui assura (avec les difficultés qu'on peut imaginer) son ravitaillement quotidien. En avril, le village de VERO est envahi par une colonne de l'armée italienne, qui occupe quelques postes et qui s'installe chez les habitants. GRIFFI n'a que quelques minutes pour évacuer le poste émetteur et disparaître dans la forêt. Contournant le village, marchant de nuit, il gagne la gare de Mezzana (16 Km) puis en train la gare de Caldaniccia - ou l'attend... François MARIANI. Tous deux seront arrêtés le 11 juin 1943 à Ajaccio, en même temps que le jeune Paul ORSONI agent de liaison (18 ans). Jugé par le tribunal du XVe corps d'armée le 16 août 1943 à Bastia, GRIFFI, qui a couvert tout son groupe, est condamné à mort et exécuté au matin du 18 août 1943 à quelques semaines du début de la libération de l'île (Ajaccio est libérée le 9 septembre 1943, Bastia le 4 octobre 1943 après de durs combats).
VERO se souvient et donnera le nom de Pierre GRIFFI à la place de la Mairie (Piazza cumuna).

La mission 'Pearl Harbour' fut constituée conjointement par l'État Major US et l'État Major Français, pour renseigner les alliés sur l'état des forces ennemies dans l'île. Elle fut débarquée par le sous marin Casabianca en novembre 1942 et remplit sa mission.

Pierre GRIFFI fut décoré (à titre posthume) de la 'Medal for Merit', décernée par décret du Président des États Unis Harry S. Truman, en date du 12 janvier 1946.



L'ancien village est construit à flanc de montagne de maisons de granit gris, entre 400 et 600 mètres d'altitude pour l'essentiel. Des constructions récentes sont venues agrandir les anciens hameaux; à partir du hameau de Vignola, nous trouvons Fiascu, Quarcettu, Murateddu, Costeglia, Suarricchio, Squarcione, Calzatoggia, A Bora. La population, résidents permanents, approche les 500 habitants.

L'élevage occupe quelques familles. L'apiculture compte quelques producteurs comme Pierre et Sandra Bellini, situe au lieu-dit Vignacce ( Tel. 04 95 53 40 47) et Philippe Buisset. Le débroussaillage, rendu obligatoire par la loi, et la vente de bois de chauffage occupent quelques bras. Le secteur BTP occupe deux entreprises, un tailleur de pierre et quelques artisans. L'essentiel des revenus est issu du secteur tertiaire (emplois publics) occupés sur Ajaccio, Corté et des pensions de retraites (civiles et militaires) perçues par les anciens.

Deux cafés/restaurants, Luna Rossa (Pascal et Lolotte Armani) dans le village même et un près de la rivière.

Trois pôles d'activités de plein air : Acro branches, Lucifair - para pente, et Le Moto Cross

Une boulangerie (Squarcione)
Une coutellerie www.latelierducouteau.fr / laurent@latelierducouteau.fr
Un centre de dressage canin
Un camping, quelques gîtes ruraux et location de studios ruraux
Un centre d'élevage de tortues fort visité www.acupulatta.com
complètent l'ensemble des activités.

Un boucher et un maraîcher itinérant viennent livrer en camionnette, une fois par semaine.

Les services de la commune jouent un rôle très important. Le secrétariat de Mairie pour information, cadastre, état civil, permis de construire, service des eaux, entretien des chemins et strette... La rénovation de gîtes ruraux et l'animation de la Casa di Paese qui a été récemment équipée d'une petite Bibliothèque - don de Londres, à laquelle les écoliers ont accès, consistent un dispositif culturel appréciable.

L'école publique compte 3 classes et une cantine et une cinquantaine d'élèves.
Directrice Mlle Pascale Martelli. maestrediveru@gmail.com (téléphone 04 95 52 85 84) fermé le Mercredi et entre 12-2h

Une caserne de Sapeurs pompiers, un poste d'observation (en période estival) de sapeurs forestiers (Tartavello) assurent secours et sécurité contre les incendies dans la vallée..

Le village a l'honneur d'inclure plusieurs artistes. Youri Gautier le violoncelliste, Francette Orsoni, artiste , écrivain, conteuse, et Didier le tromboniste. Le Maire Christian Leca est aussi le Président de l'Association du Rallye Le Tour de Corse Historique passant par Vero le premier week-end d'Octobre ! mairie.vero@wanadoo.fr

Le territoire de la commune est limité au sud par la Gravone, qui prend sa source au Renoso, au nord par la longue ligne de crêtes allant de Punta San Eliseo (1271m) à Punta Pecoracia (1044) puis le col de Tartavello (895m) et vers la Punta Malandria (986m). Au delà du col de Tartavello, la route départementale D4 mène aux villages du Cruzzini, dominés par la Punta U Cerbellu (1624m) et U Trettore (1502m).

Vero est bien pourvu en eaux, longé par la Gravone, traversé par 4 ruisseaux et leurs affluents et possède de nombreuses sources. Dans le village il y a 10 fontaines. Le réseau d'eau potable s'appuie sur 3 bassins, Capanneddu, Poggiolo, Vignaci. On peut regretter qu'aucune politique publique (locale ou régionale) ne s'intéresse à l'entretien des petits bassins (I pozzi) édifiés au pied des sources, qui constituent un appoint d'eau non négligeable pour l'arrosage estival.

La végétation se compose essentiellement d'un mélange de chênes lièges et de maquis arborescent, bruyères, arbousiers, viorne - tins, filarias, cystes, fenouil, romarin et d'une belle forêt de pins maritimes. Les plantations de châtaigniers affectées par différents incendies et par l'exode rural ont dépéri.
Quelques oliveraies (Calzatoggia, Cantone, Teghja, lughi Mulinacciu) ont survécu, auxquelles s'ajoutent des nouvelles plantations d'oliviers. L'entrée d'une partie de la forêt domaniale de Vero dans le 'Parc Régional' a contribué à un meilleur entretien de plusieurs sentiers, qui sans cela et sans les va-et-vient des équipes de chasseurs, seraient devenus impraticables. Tôt le matin, avant le lever du soleil, comme dans toute la Corse, on entends les chiens de chasse loin dans la forêt.

Le cimetière est le lieu le plus paisible et propice aux pensées profondes. Il est sans doute bien plus simple que celui d’Ajaccio, un sentier sous les pins nous y mène, la vue sur la vallée et les montagnes est inoubliable, on entend le bruissement de la rivière. Le grincement de sa grille nous fait oublier le temps, nous ramène aux voix de nos ancêtres. Le coeur plein d’émotion, nous pouvons jouir du calme et du silence.



Merci Charles et Marie France Mariani pour votre aide inappréciable.